» intuite « - Nawak 2013-04-11T19:53:10+02:00 urn:md5:08152ffba5e3ae55e1f5d78921db38b2 Dotclear Attaquons la falaise urn:md5:9035fe2fad5aa71d06c593eb740dafe3 2007-11-26T15:57:00+00:00 Laurent Nawak blogCy Townblydialogueprocrastinationquestions existentiellesrien <p><a href="http://www.intuite.net/?post/2007/11/26/110-attaquons-la-falaise"><img src="http://www.intuite.net/dotclear2/public/images/falaise.jpg" alt="oui... par exemple... vous voyez, là, c&#039;est une falaise, c&#039;est par là que je me casse... voilà, voilà..." style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /></a>On me souffle dans l&#8217;oreillette qu&#8217;on est déjà presque à la fin du mois et qu&#8217;il serait temps de poster quelque chose avant que ce blog ne commence à se décomposer. On ajoute perfidement que je suis bien gentil mais que déjà le mois dernier, c&#8217;est pas le courage qui m&#8217;a étouffé et que ma question existentielle n&#8217;a trompé personne.</p> <p><br /> <br /> J&#8217;ai beau répliquer que d&#8217;abord, je suis pas gentil et en plus, tu vois, les questions existentielles, ça a l&#8217;air de rien comme ça, hein, mais en fait, hein, c&#8217;est beaucoup d&#8217;investissement personnel, tu comprends&#8230; Tout le travail est en amont, il y a une réflexion intense avec évaluation des tenants et des aboutissants, analyse statistique des risques de décrochage du <del>client</del> lecteur, estimation du taux de satisfaction, tout ça&#8230; Un peu comme feu le tableau blanc immaculé de Cy Townbly, si tu vois de quoi que je parle&#8230; Oui, voilà&#160;! C&#8217;est pareil&#160;! En fait, sur ce blog, les questions existentielles, c&#8217;est un peu une thématique récurrente réservée au haut du panier de mon nombreux lectorat. Attention, interdit au profane&#160;! Il peut pas comprendre le profane. D&#8217;ailleurs y&#8217;a qu&#8217;à regarder son air bête et son oeil terne pour le savoir. La dernière fois qu&#8217;une idée a passé par son crâne, ça lui a occasionné une commotion cérébrale à la fesse droite.</p> <p>Mais rien n&#8217;y fait&#160;!</p> <p>- hein&#160;?<br /> - non, je disais, rien n&#8217;y fait&#160;!<br /> - quoi&#160;?<br /> - oui parce que tu vois, au début du paragraphe au-dessus, là-haut, j&#8217;ai commencé par «&#160;j&#8217;ai beau répliquer que&#8230; nanana&#8230;nanana&#160;», et après, emporté par ma verve foisonnante, je me suis une peu perdu en route et j&#8217;ai pas eu la place pour caler «&#160;mais rien n&#8217;y fait&#160;!&#160;», alors je me suis dit comme ça&#8230; pourquoi pas, après tout, j&#8217;ai qu&#8217;à la mettre en dessous, y&#8217;a de la place.<br /> - mais personne ne va rien comprendre&#8230;<br /> - et ben si&#160;! parce qu&#8217;après on explique avec le dialogue&#8230;<br /> - quel dialogue&#160;?<br /> - laisse tomber&#160;!<br /> - ah parce qu&#8217;on est un dialogue maintenant&#160;?<br /> - laisse tomber, je te dis&#160;!<br /> - bon ok&#8230;<br /> - Aïe&#160;! pas sur mon pied&#160;!<br /> - oups pardon&#160;!<br /> - pardon&#160;?<br /> - je disais pardon.<br /> - Ah&#160;! non, c&#8217;est pas grave.<br /> - non mais quand même.<br /> - t&#8217;inquiète pas, même pas mal&#160;!<br /> - d&#8217;accord.<br /> - je vous en prie.<br /> - ah bon&#160;? On se vouvoie&#160;?<br /> - c&#8217;est comme tu veux.<br /> - tu devrais arrêter avec le dialogue là parce qu&#8217;à la fin, on sait plus qui parle.<br /> - si, si&#160;! c&#8217;est moi qui parle.<br /> - oui mais là, par exemple, moi aussi je peux dire que c&#8217;est moi qui parle.<br /> - oui, mais là c&#8217;était toi. Par contre, quand c&#8217;est moi qui parle tu peux pas le dire vu que c&#8217;est moi qui parle.<br /> - pas con&#160;!<br /> - ben attends&#8230;<br /> - bon, ben si tu le dis&#8230;<br /> - mais oui, ils vont comprendre, t&#8217;inquiète pas.<br /> - ok, ok<br /> - Hein, vous comprenez, hein&#160;?<br /> - oui, oui, on comprends, pas de problème.<br /> - Ah tiens tu vois&#160;!<br /> - Ah ouais, t&#8217;avais raison. Il sont forts quand même&#160;!<br /> - Oh là&#160;! Dis pas ça, faut pas leur dire, ils sont intenables après.<br /> - Oh une fois de temps en temps, ça peut pas faire de mal.<br /> - non, non, faut pas, ça leur donne des caries et ça les rends aveugles.<br /> - Ah bon&#160;? je savais pas<br /> - Ben oui, non, mais faut faire gaffe quoi. Ne recommence plus.<br /> -d&#8217;accord.<br /> - merci.<br /> - t&#8217;as pas dix balles&#160;?<br /> - hein&#160;?<br /> - j&#8217;ai rien dit moi&#8230;<br /> - qui qu&#8217;a parlé&#160;?<br /> - c&#8217;est moi&#160;!<br /> - t&#8217;es qui toi&#160;?<br /> - excusez-moi de vous interrompre, je suis pas dans l&#8217;histoire là mais je passais par là et je vous ai vu dialoguer et comme j&#8217;avais besoin de dix balles&#8230;<br /> - ça existe plus les balles, on est aux euros maintenant&#160;!<br /> - ah bon&#160;? Ah excusez-moi, c&#8217;est que je suis sorti d&#8217;une vieille histoire du blog, je m&#8217;appelle Luigi, c&#8217;était avant l&#8217;euro..<br /> -&#8230;<br /> -bon je vous laisse alors.<br /> - voilà, on va faire comme ça&#8230;<br /> - bon et nous on fait quoi maintenant&#160;?<br /> - je sais pas&#8230; on pourrait peut-être essayer de se barrer discrètement.<br /> - Tu rigoles, ils vont le voir<br /> - mmmmh faut voir&#8230;<br /> - tu crois&#160;?<br /> - je sais pas, faut essayer pour savoir.<br /> - ouais&#160;? tu crois&#160;?<br /> - Tiens regarde, là, si je me met comme ça, là, tu vois, j&#8217;ai plus qu&#8217;à rapprocher discrètement mon pied de la falaise là&#8230; c&#8217;est jouable&#8230;<br /> - non mais attends&#160;! me laisse pas comme un con&#160;!<br /> - Tu vois, et pis là, je passe un bras tranquilou&#8230;<br /> - oh tu déconnes&#8230;<br /> - et hop&#160;! le tour est joué&#160;!<br /> - &#8230;<br /> - &#8230;<br /> - &#8230;<br /> - &#8230;<br /> - euh, t&#8217;es vraiment parti là&#160;?<br /> - &#8230;<br /> - bon et ben m&#8217;sieur dame, c&#8217;est pas le tout, mais&#8230; va falloir que je vous laisse moi aussi, j&#8217;ai une otarie en bas-âge à m&#8217;occuper, voyez&#8230; alors, comment dire, euh&#8230; il n&#8217;est de bonne amitiés qui ne se quittent, n&#8217;est ce pas, hein, comme on dit&#8230;<br /> - Ouais, ouais, casse toi&#160;!<br /> - ok, j&#8217;y vais, j&#8217;y vais&#8230; au revoir, m&#8217;sieur dame&#8230;<br /></p> Rédigeons un nouveau billet. urn:md5:4885e150124ac18a3b19bf2aed5a4dbf 2007-04-22T01:24:00+00:00 Laurent Nawak bitecalendriermotifrienrosetour Eiffel <p><a href="http://www.intuite.net/?post/2007/04/22/98-redigeons-un-nouveau-billet"><img src="http://www.intuite.net/dotclear2/public/images/motif.jpg" alt="motif.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /></a>C&#8217;est bien gentil de discutailler sans fin dans les commentaires, mais y&#8217;a un moment, faut bien écrire un nouveau billet pour laisser la place aux nouveaux bavardages. Surtout que j&#8217;ai encore rien pour avril et franchement, ça la foutrait mal de laisser passer le mois sans rien dedans. En plus ça m&#8217;emmerderais parce que dans la liste des mois, là, en bas à droite, ça ferait comme un trou. Du coup ça se verrait, c&#8217;est pas comme si je pouvais faire passer le truc en douce.</p> <p>Et pis autant le dire, de temps en temps je m&#8217;amuse à faire des petits motifs avec les zones colorées du calendrier, là, en haut à droite. Enfin, du moins, au début j&#8217;essayais de faire des motifs mais ça devient plus dur ces derniers temps vu que des motifs avec juste deux zones, c&#8217;est limité. Ou alors à considérer ça comme du minimalisme calendaire. C&#8217;est l&#8217;art moderne du motif de calendrier, une discipline en soi. C&#8217;est dommage, parce que quand on y pense, le figuratif, ça a encore du bon. Par exemple, j&#8217;aurais bien dessiné une bite dans le calendrier, mais c&#8217;est du boulot, j&#8217;ai la flemme. Alors qu&#8217;une unique zone colorée, juste un point, ça laisse l&#8217;imagination plus libre. A chacun de se faire son idée. D&#8217;ailleurs rien ne vous empêche de considérer le point comme une bite vue de face. Surtout qu&#8217;en plus, c&#8217;est rose, vous voyez, je fais tout pour vous faciliter la tâche. mais bon, j&#8217;ai suffisamment dit bite dans ce billet, si j&#8217;insiste, ça pourrait paraître maladroit.</p> <p>En même temps, je peux pas dessiner n&#8217;importe quoi, non plus, j&#8217;ai pas assez de place. Je peux pas dessiner la tour Eiffel par exemple, parce que j&#8217;ai plus de place en largeur qu&#8217;en hauteur. Alors qu&#8217;une bite&#8230;</p> Recouvrons une dignité bienséante urn:md5:81f3508b60d026f1d5f2ece0368e2217 2007-02-09T12:13:00+00:00 Laurent Nawak decalage horaireerectionjetlagmasquernatureslipstratageme <p><img src="http://www.intuite.net/dotclear2/public/images/Gemini.jpg" alt="Gemini.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />Lorsqu&#8217;on voyage, qu&#8217;on change de pays, il faut parfois remettre sa montre à l&#8217;heure. Ce phénomène bien connu s&#8217;appelle le décalage horaire. Il est du au fait qu&#8217;en se déplaçant d&#8217;une certaine distance, on est amené à croiser un ou plusieurs fuseaux horaires. C&#8217;est un sujet fort intéressant, mais ce n&#8217;est pas celui dont je voulais vous entretenir aujourd&#8217;hui. Non&#160;! Aujourd&#8217;hui, je voulais vous parler d&#8217;un autre phénomène très courant qu&#8217;on appelle l&#8217;érection. Et plus particulièrement des situations délicates que l&#8217;on peut rencontrer lorsqu&#8217;on se trouve victime d&#8217;une érection involontaire ou déplacée, ce qui arrive hélas beaucoup plus souvent qu&#8217;on ne le croit.</p> <p>Tout homme en âge d&#8217;avoir une érection a déjà vécu ça. Qui, je vous le demande, ne s&#8217;est jamais retrouvé à un enterrement, en slip, affligé d&#8217;une protubérance que la fragile toile du sous-vêtement avait bien de la peine à masquer&#160;? Qui n&#8217;a jamais, alors qu&#8217;il portait un kilt, rencontré sa belle-mère au supermarché, manifestant tous les signes d&#8217;une trop grande vigueur&#160;? Ou encore qui, au beau milieu d&#8217;une conférence, juché sur une estrade, ne s&#8217;est jamais aperçu qu&#8217;il avait omis de mettre un slip, alors que sa braguette béante laissait entrevoir la grande joie éprouvée à instruire l&#8217;assistance&#160;? Celui-là, qu&#8217;il me jette la première pierre.</p> <p>Les occasions de couver une érection inconvenante sont légion pour qui, comme moi, passe l&#8217;essentiel de son temps en état d&#8217;alerte maximale. Et ce qui pouvait passer pour un vibrant hommage au drapeau, au joli temps de la conscription, a tôt fait de se transformer en une source de déboire, chaque jour renouvelée, dès que l&#8217;on retourne à la vie civile.</p> <p>Pourtant, si l&#8217;on veut bien y investir un peu d&#8217;imagination, les moyens de satisfaire aux critères de la bienséance sans toutefois se départir de sa bonne humeur existent. Ainsi, le port d&#8217;un slip en tôle, chaque fois que vous assistez à un enterrement, vous épargnera bien des déconvenues. Cet astucieux dispositif vous permettra d&#8217;exulter en toute discrétion. Ne riez pas&#160;! Le stratagème est si bien pensé que lorsque, immanquablement, le bruit produit par le choc de votre jubilation contre le métal en viendra à se faire entendre, vous pourrez toujours en imputer la responsabilité aux cloches de l&#8217;église.</p> <p>Certes, s&#8217;il est naturel de penser qu&#8217;une ruse de ce type conviendra aux plus timorés d&#8217;entre nous, n&#8217;oublions pas pour autant les autres, ceux qui décideront d&#8217;en finir avec le statu quo ambiant et d&#8217;arborer fièrement les couleurs dont la nature, dans son oeuvre généreuse, les a pourvu. Avec un peu d&#8217;astuce, il est tout à fait possible de profiter des propriétés érectiles de l&#8217;organe masculin en lui conférant une utilité pratique qui nous permettra de l&#8217;exposer le plus naturellement du monde sans soulever le moindre souffle réprobateur de la foule admirative. Tout est, ici, affaire de contexte.</p> <p>- au supermarché&#160;? Accrochez-y votre panier à provisions.</p> <p>- au jardin d&#8217;enfants&#160;? Fixez-y la laisse de votre Yorkshire.</p> <p>- une conférence&#160;? Utilisez-le comme une baguette d&#8217;officier vous servant à désigner les objectifs à atteindre sur la carte.</p> <p>- une soirée costumée&#160;? Introduisez-en l&#8217;extrémité dans votre oreille gauche et, ainsi apprêté, prétendez être déguisé en pompe à essence.</p> <p>Vous le voyez, les solutions ne manquent pas pour qui veut bien se donner la peine. Je ne doute pas que vous en trouverez d&#8217;autres, toutes plus élégantes les unes que les autres. Si toutefois, à l&#8217;occasion d&#8217;une une situation particulièrement délicate, vous arriviez à court d&#8217;idée ou de ressource pour vous exhiber en bonne conscience, n&#8217;hésitez pas à me consulter, je me ferai un devoir de vous aiguiller.</p> Philosophons en pétant urn:md5:5171f879d97b455b132ed732ba631d59 2007-01-23T23:30:00+00:00 Laurent Nawak <p><img src="http://www.intuite.net/dotclear2/public/images/guitar.jpg" alt="guitar.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /> Il y a une chose que ma grand-mère disait souvent&#160;! Ma grand-mère disait&#8230; elle disait&#8230;</p> <p>Mince, qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle disait, déjà, ma grand-mère&#160;? C&#8217;est trop bête, impossible de m&#8217;en souvenir&#160;! Bon, ça ne devait pas être très important. De toute façon ça devait être une connerie encore. Les vieux, ça dit que des conneries. Pareil pour les jeunes d&#8217;ailleurs&#160;! Et pour les autres aussi, tous les autres. Ceux qui naviguent entre deux âges, comme qui dirait, ou plutôt comme qui disait. Si on y pense, tout le monde dit des conneries, absolument tout le monde, vous, moi, les autres.. Le tout, c&#8217;est de savoir qui en dit le plus. les jeunes&#160;? les vieux&#160;? les hommes&#160;? les femmes&#160;? moi&#160;? le pape&#160;?</p> <p>A la limite, c&#8217;est une question secondaire, la vraie question c&#8217;est&#160;: «&#160;qui dit quelle connerie et pourquoi&#160;?&#160;». Parce qu&#8217;à l&#8217;évidence, les vieux et les jeunes ne disent pas les mêmes conneries, ils ne les disent pas de la même façon et ils n&#8217;ont pas les mêmes excuses pour le faire. Les excuses des vieux, ben, c&#8217;est qu&#8217;ils sont vieux, aigris, cyniques, découragés et puis aussi qu&#8217;ils n&#8217;ont plus toute leur tête. Les excuses des jeunes, c&#8217;est qu&#8217;ils sont jeunes, cons, inexpérimentés, naïfs, ingrats, boutonneux et qu&#8217;ils n&#8217;ont pas encore toute leur tête. Mon excuse à moi, c&#8217;est que j&#8217;ai un blog à tenir et qu&#8217;il faut bien l&#8217;alimenter. L&#8217;excuse de ma grand-mère, en particulier, c&#8217;est qu&#8217;elle est morte, et les morts, on leur fait dire beaucoup de conneries. Les excuses des hommes c&#8217;est qu&#8217;ils sont des hommes, qu&#8217;ils sont faibles, qu&#8217;ils ont un sexe et qu&#8217;ils ont peur de l&#8217;inconnu. Les excuses des femmes, c&#8217;est qu&#8217;elles sont belles, douces, adorables et qu&#8217;elles nous mettent au monde. En un sens, si l&#8217;on s&#8217;en réfère à cette dernière assertion, on peut même considérer, avec justesse, que toute la connerie du monde leur est imputable.</p> <p>Ah, tiens&#160;! Je me souviens de ce que ma grand-mère disait. Ma grand-mère disait toujours que sa grand-mère ne racontait que des conneries. Comme quoi elle ne disait pas que des conneries&#8230;</p> protestons avec la plus haute véhémence urn:md5:10339b18fba1ca27fd0a881d991bf8aa 2006-12-19T23:12:00+00:00 Laurent Nawak rien <p><img src="http://www.intuite.net/dotclear2/public/images/riot.jpg" alt="riot.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /> Oui, alors bon, il semblerait que certaines personnes émanant du grotesque public se sentent en droit de réclamer. J&#8217;ai beau leur dire que je peux pas fournir, ils en ont rien à foutre. Ils s&#8217;en foutent, s&#8217;en contrefoutent et s&#8217;en surfoutent. En gros, j&#8217;aurais pas le droit de glander comme je veux sous prétexte que des fâcheux qui payent même pas commencent à s&#8217;impatienter. Non mais quand on y pense (non, laissez-moi faire, ça ira plus vite), vous culpabilisez pas de pas payer&#160;? Vous trouvez ça normal, vous&#160;? Vous me pompez toute mon énergie vitale sans aucune contrepartie et je devrais rien dire&#160;? D&#8217;ailleurs, rien dire, c&#8217;est précisément ce que je fais depuis une quinzaine de jours mais même ça, ça vous pose problème. Mais alors vous n&#8217;êtes jamais satisfaits ou quoi&#160;? C&#8217;est bien simple, y&#8217;a plus rien de gratuit dans ce bas monde, sauf moi-même alors faudrait voir à pas trop vous plaindre.</p> <p>Enfin, je râle, je râle, mais dans le fond ça me dérange pas plus que ça. Faut pas croire que ça me fait plaisir de faire poireauter la plèbe. Ça ne me fait pas particulièrement jubiler d&#8217;opprimer la piétaille. Je ne le fais ni par haîne ni par mépris, c&#8217;est pas le genre de la maison. Non, c&#8217;est juste que j&#8217;ai pas le temps. J&#8217;aurais le temps, je le ferais, la bonne blague, mais là j&#8217;ai pas le temps. Sincèrement, j&#8217;ai pas le temps et pis c&#8217;est tout. Bon c&#8217;est sûr que j&#8217;ai pas l&#8217;envie non plus, mais si j&#8217;avais le temps, même sans l&#8217;envie, je le ferais, par sens du devoir. Oui m&#8217;sieur dame, ça existe encore et c&#8217;est ici même, cherchez pas, vous trouverez pas ailleurs. La conscience du public, ça s&#8217;appelle&#160;! Bon attention, me faites pas dire ce que j&#8217;ai pas dit, c&#8217;est pas non plus que j&#8217;aime les gens ou un truc comme ça, hein, faut pas déconner avec ça&#160;! Je vous recommande la plus grande prudence avant de balancer des assertions de ce genre, c&#8217;est pas des concepts qu&#8217;on manipule avec légèreté ça, l&#8217;altruisme, l&#8217;humanisme, toutes ces conneries, là. Non, mais je suis de la vieille école tout simplement. J&#8217;ai le sens du service profondément ancré dans l&#8217;âme et l&#8217;obligeance rivée au corps.</p> <p>Par contre, je suis absolument insensible à la pression. Les desiderata, les réclamations, les plaintes, les geignements, les lamentations, les soupirs et les gémissements, c&#8217;est pas ici&#160;! (encore que pour les deux derniers je veux bien faire une exception). Alors vous pensez bien (c&#8217;est une façon de parler, hein, n&#8217;allez pas imaginer que je fais référence à vos capacités - haha&#160;!, rien que le mot m&#8217;amuse - intellectuelles), Vous pensez bien disais-je que quand on insinue, avec une perfidie qui frôle la sournoiserie, que je me laisse vivre, qu&#8217;il y a bien longtemps que je n&#8217;ai rien écrit, foncièrement, je m&#8217;en bat l&#8217;oeil, accessoirement je m&#8217;en tamponne le coquilllard et fondamentalement peu me chaut.</p> <p>Tiens, là maintenant, si je voulais, tout de suite, je pourrais très bien finir sur une pirouette et considérer que cette note est complète. Un truc du genre, euh, au hasard&#160;: «&#160;Parvenu vaillamment à ce point d&#8217;abstraction du sens et d&#8217;abnégation de la portée significative, il m&#8217;apparaît évident de ne pas gâcher un tel chef-d&#8217;oeuvre en commettant la grossière erreur qui consisterait à aborder, enfin, le vif du sujet dont, par conséquent, on ne saura jamais de quoi il eût pu être constitué&#160;». Et toc&#160;! Emballez, c&#8217;est pesé&#160;! N&#8217;en parlons plus. Et avec ça madame, qu&#8217;est-ce que je vous met&#160;?</p>